Mon Histoire
Publié le 12/05/2006 à 12:00 par confidenceduneasociale
Lorsque la sanction est tombée, j'avais 16 ans. " Votre fille est une asociale, on ne peut rien faire pour elle. Je vous souhaite beaucoup de courage."
- Merci beaucoup mais vous en avez déjà fait assez comme ça pour moi.
Ca, c'est la réponse 10 ans après. Mais sur le coup, j'ai pas saisi la portée qu'avaient de telles paroles.
Je venais de passer 4 mois et demi dans un centre psychothérapeutique pour jeune de 16 à 30 ans. Et là, c'est le jour où je me suis fait virée. Et oui, même ici, avec les traitements, les prises en charges bien encadrées et le personnel compétant, ils n'avaient pas réussi à me "dompter."
Pourtant, ils y ont mis de la bonne volontée.
Quand je suis arrivée au centre, la prise en charge à commencer par un traitement médicale haut de gamme : injections sous cutannée pour rendre docile, cachetons surdosés qui font dormir, isolement thérapeutique... Mais ça, j'en parlerais plus tard.
Quand je suis sortie d'ici, je savais pas trop ce que j'allais devenir et pourtant, je savais déjà que plus tard, je ferai un métier qui permettrais d'empécher qu'on abandonne des personnes à un sort car ils sont hors normes, car ils ne rentrent pas dans les cases définies par la société et qu'ils refusent d'avancés comme des moutons.
Mais les bergers ont besoins de moutons docile pour pouvoir travailler tranquillement. Le mouton noir, il faut le mettre à part avant qu'il ne perturbe le reste du groupe ou pire encore, qu'il rallie des gens à sa cause.
" Combien d'être humains ne sont pas de moutons? " (extrait de Les nouveaux bergers, Trio : album n°2)
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Publié le 16/05/2006 à 12:00 par confidenceduneasociale
Quand je suis arrivée, on m'a amené dans un petit salon près du hall d'entrée. Mes parents m'accompagnaient et comme ils n'avaient pas le droit d'aller plus loin, un moniteur (c'est comme ça qu'elle s'est présentée) m'a accompagné à ma chambre.
Là, elle a ouvert mes sacs et a viré tous ce qui était interdit : livres, crayons, papiers, discs, casettes, walkman, post radio et guitard. Ca peut paraître dérisoire mais à 16 ans, quand la seule chose qui compte dans votre univers, c'est la musique et la lecture, je peux vous jurer que c'est dur à encaisser.
"Comment je vais faire pour m'endormir sans music ?"
"- tu t'y habitura et de toute façon, c'est le réglement."
Après avoir vérifié qu'il n'y avait aucun objet délictueux (tranchant...), médocs ou autres clandestinitées que j'aurais pu introduire de l'extérieur, elle m'a dit : "Range tes affaires, je vais ramener ça à tes parents !"
- Mais je ne leur ai pas dis au revoir!
- Je vais leur porter ça et je viens te chercher, tu m'attend."
J'ai pas tout de suite piger que le cadre qui se posait autour de moi ressemblait fort à une prison avec des barreaux dorées. Mais quand j'écris aujourd'hui ces quelques lignes, je me dis que j'ai vraiment été conne de pas voir le truc.
Pour ma défense, j'étais complétement shooter de médocs et je suis pas sur que mon cerveau fut en état de marche optimum.
J'ai donc bien gentiment obéie en me disant que c'est moi qui l'avait voulu, fallait donc pas que je me plaigne. (ça c'est une autre histoire que je raconterai plus tard). J'ai sortie mes vêtements (c'est la seule chose qui restait) et j'ai regardé autour de moi.
Il y avait trois lits, avec un chevet chacun et une penderie chacune. Moi, jétais attribuée au lit près de la porte, un autre étand plus au milieu de la chambre et le troisième, situé près de la fenêtre. J'ai appris ensuite que c'était obligatoire d'être à cette place quand tu es nouveau.C'est pour mieux te surveiller. (Des fois que t'aurais une envie subite de te barrer.) D'ailleurs cette chambre triple est la première du couloire, au rez de chaussé car la plus près de "l'aquarium" - nom donné à une pièce entièrement vitrée où se trouve les encadrants. J'ai aussi appris que les chambres seules se mérittent par bonne conduite et que mes colloques de chambre avaient pour ordre de me surveiller et de prévenir en cas de problème. C'était au cas où j'irais pas bien (malaise, coup de blouse, etc...) - pour mon bien? Mouaif, je reste sceptique de la définition donnée à bien dans ce cas là.
Donc, une fois mes affaires bien rangées, elle est revenu me chercher. J'ai descendu le couloir et j'ai embrassée mes parents. Mais j'ai pas trop eu le temps de leur dire quoi que ce soit car un jeune est venue me chercher tout de suite. Je les ais vu partir en me retournant mais le gars commençait déjà à me parler. Il était du comité d'accueil du centre et serais mon parrain pendant les premières semains, le temps que je m'adapte et que j'intègre le fonctionnement du centre.
Aujourd'hui, je me rend compte que tout cela est voulu. Il faut que le jeune n'est pas le temps de se retourner sur la séparation qui vient de s'effectuer et peut-être effectivement que c'est mieux ainsi.
N'empèche que ça marche car la séparation d'avec mes parents reste très flou dans ma mémoire.
Publié le 27/07/2006 à 12:00 par confidenceduneasociale
Donc, mes parents sont parties. Je suis le jeune homme que j'appelerais Dany (tous les prénoms présents dans cette rubrique sont modifiés -même le mien- pour des raisons d'anonyma, par respect et on ne sait jamais, des fois que).
Donc, Dany m'explique le fonctionnement du centre :
- tous les mardis matin, il y a réunion dans la grande salle, à l'étage, pour organiser les ateliers, les sorties, régler les problèmes d'ordre collectifs, attribuer les responsabilités et entendre les différentes requettes qui pourrait venir des jeunes.
- trois fois par semaine, il y a thérapie de groupe. Cela dure 1h30, soit le matin (la plupart du temps), soit en fin d'A.M.
Un groupe m'a été attribué à mon arrivée (il y en a 4). Dany m'explique que c'est en fonction du neuro-psychiatre qui te suit mais là où rien ne se passe comme tout le monde -encore une fois- c'est que je suis la seul sur 50 jeunes à être avec un autre neuro-psy pour les groupes que celui en charge de mon dossier. Ce qui aura des conséquences non négligeables dans la suite des évenements.
- tous les après midi, après le repas, il y a réunion de l'équipe d'encadrements (sauf un pour nous surveiller). Si on veut demander quelque chose ou faire savoir une info, un classeur est à notre disposition dans l'aquarium.
La journée type donne à peu près çà :
- lever entre 7h et 10h (swelon les obligations de chacun)
- petit déjeuner à se faire dans la salle à manger,
- thérapie de groupe pour la plupart et occupations personnelles pour les autres (ce qui est difficile quand tout ce qui vous interesse est interdit). Entre autre, il s'agit du ménage de sa chambre, prendre soins de soi...
- vers 12h30, repas dans la salle à manger,
- service pour ceux qui sont de corvée (vaiselle, tables, balaie...), pour les autres, c'est temps libre.
- 14h30-17h : ateliers (poterie, couture, vannerie, dessin, chant, émaux...),
- temps libre,
- vers 19h, repas dans la salle à manger,
- de 20h à 21h30 : temps libre.
- 22h: tout le monde doit être dans sa chambre, coucher car extinction des feux.
Il y a des changements :
- le mardi matin car réunion institutionnelle comme expliquée plus haut,
- le mercredi A.M., c'est sport donc piscine dans une ville assez loin ou course à pied ou sport co
- le week-end, c'est un tout autre programe que je détaillerais ultérieurement.
Une fois toute ces infos en tête (et c'est qu'une petite partie) Dany m'a fait visiter.
Publié le 27/07/2006 à 12:00 par confidenceduneasociale
Nous somme dans le hall supérieur, près de l'aquarium (voir rubrique définition pour ceux qui prennent en route). Derrière moi se trouve le couloir où je viens de quitter mes parents. Si on continue ce couloir, il y a le secrétariat sur la gauche, le bureau des neuro-psy sur la droite, puis deux salles à gauche et une à droite, où ont lieu les thérapies de groupe. Au bout du couloir se trouve un petit salon qui donne sur une porte. C'est le salon des familles. C'est ici qu'elles attendent lors des rendez-vous de thérapies familiales. Et donc la pièce derrière la porte est une grande salle pour les thérapies familliales.
Sur ma droite se trouve l'aquarium, sur ma gauche un petit salon qui donne sur l'escalier menant à l'étage. Quand on avance, je vois le couloir sur ma gauche où ce trouve ma chambre (donc celui là, je le connais). Ce couloir donne sur le dortoir du rez-de-chaussé. Par l'escalier, on accède au dortoir de l'étage mais pour l'instant je ne doit pas me rendre à l'étage, sauf pour les réunions. Sur ma droite, il y a un autre couloir mais ce qui m'intrigue, c'est qu'il est fermé par deux portes coupe feux avec seulement deux petites fenêtres en haut. Dany m'explique que c'est le secteur isolement. Personne n'a droit d'y pénétrer, quelque soit les raisons. Et franchement, il me souhaite d'ignorer le plus longtemps possible ce qui s'y passe. Je reste intriguée. Isolement? Jamais entendu parler de ça dans mon entretien d'entrée, où alors, je m'en rappel plus. Dany m'explique que ceux qui y sont ont demandé à y aller ou ont été placé car ils avaient enfreins le réglement ou leur contrat. Plus tard, on m'expliquera que cet endroit sert à prodiguer des soins plus personnalisé car les moniteurs sont plus présents. Laissez-moi rire et souvenez-vous bien de cette dernière phrase en gras.
L'aquarium se situe derrière moi et l'isolement à me droite. En face, il y a un grand couloir, entièrement vitré qui descend vers le foyer. C'est cet endroit que j'appelerais la verrière. En descendant, j'arrive dans une première pièce où se trouve une table de ping-pong et un piano droit. Il y a quelques fauteuille et une cheminée hors fonctionnement. En continuant, j'arrive dans une seconde pièce, beaucoup plus grande et très lumineuse. Il y a un billard à ma gauche, un bar au fond à gauche, des tables et des chaises un peu partout et l'entrèe vers la salle à manger, au fond à droite. En longeant le bar sur la gauche, il y a l'épicerie où on peut acheter nos cloppes, du chocolat, des bonbons... Et au fond, il y a une pièce où j'ai interdiction d'entrée (c'est la bibliothèque et salle TV pour matter des vidéos). Les grandes baies vitrées du foyer donne sur une fontaine à l'extérieur et je vois d'autres batiments (les ateliers). A gauche du bar, une porte donne sur le parc. Car il faut savoir que tout ce site se trouve sur un parc arboré magnifique, avec plein de chemins dessiné pour pouvoir se promener ou courir pour s'entretenir (si, si, pour une fois je suis sérieuse).
Question ressentis, je peux dire que je n'était pas très fière quand j'ai mis les pieds au foyer. Il y avait plein de jeunes que je ne connaissait pas et certains me regardait. Je débarque dans un endroit inconnu, avec des gens inconnu, tous plus vieux que moi car à 16 ans, je suis la plus jeune du centre. La tranche d'âge d'accès est de 16 à 30 ans, avec une moyenne autour de 25 ans, mais il est très rare qu'ils acceptent d'accueillir des mineurs. Donc, je suis la plus jeune. Mais heureusement pour moi, ça ne se voit pas car je porte plus physiquement et j'ai assez de maturité pour en paraître 18 facile lorsque je discute -(sans prétention, on me l'a toujours dit que je faisais plus vieille et pas qu'à cette époque). N'empèche qu'à ce moment là, j'en mène pas large.
Dany me présente à une bande de jeune qui ont l'air d'être ses copains. Ils sont très gentils avec moi et m'accueillent très bien. Ils essaient de me mettre à l'aise en répondant à mes questions sur le centre ou en m'expliquant certaines choses.
Publié le 24/09/2006 à 12:00 par confidenceduneasociale
En arrivant, j'avais remarqué un beau jeune homme derrière le bar. Je ne sais pas pourquoi, mais je m'étais tout de suite sentie intriguée et attirée.
Laissant le groupe de jeune, je me dirige vers la porte située près du bar. En sortant, j'apperçois le parc, les massifs de fleurs et je dois avouer que c'est magnifique. Quand on est sur la terrasse, cela fait comme des petites collines de verdure.
En plus, le jour de mon arrivée, il fait un temps magnifique. Nous sommes mi-juillet et cette année, l'été est chaud.
J'apperçois le beau jeune homme assi sur la terrasse, en train de bouquiner. Je m'approche et m'assoie près de lui. J'entame la discussion sur son livre et c'est là que je découvre que Mary Higgins Clark est une romancière hors paire.
Nous échangeons quelques mots sur mon arrivée mais dés que je veux savoir pourquoi il est là, il se referme. Il se replonge dans son bouquin et fait comme si je n'existais pas. Je m'excuse, je ne voulais pas le blessé.
Je laisse passer un moment puis je lui pose la question qui me turlupine depuis tout à l'heure...
- Ecrire son histoire, c'est se mettre à nue si on le fait avec sincérité. C'est s'exposer aux jugements, aux regards et aux critiques. Mais avant de juger mes attitudes ou mes comportements dans ce que je pourrais écrire, n'oublier pas qu'à l'époque, je n'ai que 16 ans. Je ne suis pas en mesure de comprendre ou d'analyser mes faits et gestes, je fait et c'est déjà pas mal. Je ne comprendrais les raisons de mes actes que plus tard. Je ne dis pas ça pour me défendre ou me justifier. C'est juste que tout comportement est explicable.
De même, oser avouer ses fautes, ses failles, ses faiblesses ou oser dévoiler des comportements choquant dans la normalité, c'est vraiment difficile. Je me rends compte en écrivant que je ne mesurais pas la porté de mon entreprise. Mais, c'est aussi un moyen d'oser dire ce que j'ai fais, de mettre des mots sur mes actes et de me les rendres plus suportables, moins honteux. Je ne suis pas encore capable de les dires, alors les écrires, c'est déjà faire un bout du chemin. -
... " T'as quelqu'un ici ?
(il me regarde l'air surpris)
- En fait, je t'es aperçu dés que je suis arrivée et j'aimerais bien sortir avec toi.
(il ouvre des grand yeux. Surpris? Choqué? J'en sais rien)
C'est alors qu'il m'explique que les couples sont interdits au centre. Si tu te fais avoir, c'est l'isolement ou la porte en fonction de la gravité.
Puis, il me regarde et me lance en se levant : " De toute façon, t'es trop jeune et je ne sortirai jamais avec toi."
Et il rentre dans le foyer.
Je reste là, sur ma chaise. Je me sens très conne et pas franchement fière de moi. Sur ce coup là, j'ai carrément pas assurer et je me suis grillée d'office.
En plus, je viens juste d'arrivée! Je vais passé pour quoi?
Je regarde le parc et je commence à me dire que ça va être dure de m'intégrer ici.
Ca fait deux heures à peu près que je suis arrivée, et ce n'est qu'à ce moment précis que l'euphorie tombe, laissant place à un douloureux sentiment de mal être.
Publié le 27/09/2006 à 12:00 par confidenceduneasociale
Je ne me souviens pas dans le détail de tout ce qui c'est passé au centre. J'ai parfois des flous, des mélanges de situations impossible d'un point de vue chronologique. C'est pour cela que je vous épargnerais certains détails dont je ne me souviens plus moi-même.
De même, certaines choses peuvent dévier de la réalité, ma mémoire me jouant des tours parfois. Merci de m'en excuser. Je tacherais d'être la plus réaliste possible et au plus près des faits, tels qu'ils se sont déroulés.
De cette première journée, c'est tout ce dont je me souviens. Je sais que j'ai été mangé mais quelles impressions j'ai eu, mystère.
La salle à manger était divisée en deux parties. Sur la gauche, il y avait des tables pour 2 ou 4 personnes et des tables de groupe (8 personnes). Sur la droite, il y avait des tables rondes de 6 personnes environ.
Les tables de gauches étaient pour les repas avec le moniteur (en tête à tête svp!) ou pour les personnes surveillées durant le repas (anorexiques, boulémiques ou les 2).
A droite, c'était pour les autres. On était plutôt libre et les moniteurs nous laissaient entre nous.
Après le repas, l'équipe de service allait faire la vaisselle, débarrasser les tables... et les autres étaient en temps libre.
Avant le couché, il y a passage obligatoire à l'aquarium : distribution de médicaments.
Cela consiste à distribuer le traitement (comprimés, gouttes...) et à vérifier si on avale bien.
Autand que j'étais une experte de la récupération de médocs là d'où je venais, autand qu'ici, je n'ai jamais essayé tellement le contrôle était strict et la peure de me faire chopper, grande. Résultat : j'ai jamais été aussi shooter qu'au centre, quelque soit les substances ingurgités.
Je ne me souviens pas de ma première nuit. J'ai sans doute eu des difficultés à m'endormir mais comme je n'étais pas seule, j'ai sans doute pu discuter avec les deus autres filles. En plus, je fais confiance à l'équipe pour m'avoir administré un somnifère.
En plus, dans ma chambre, il y avait une fille qui m'avait déjà accueillie, quelques mois auparavant, dans l'autre structure. On avait passé deux mois ensemble et elle était sortie pour reprendre une vie normale et travailler. Autand vous dire que j'ai été surprise de la retrouvé là le premier jour : " Décidément, on se suit. Tu m'accueille dans chaque nouvel endroit." Ce à quoi elle avait répondue par un oui timide, empreint de déception : de me voir débarquer ici et d'être déçu pour moi? Ou déçu pour elle même d'avoir échoué?
Je n'avait jamais tros su pourquoi elle était dans l'autre structure. Il faut dire que pour moi, j'avais l'impressin d'avoir passé deux mois de vacances tellement j'étais bien, loin de chez moi. Au point d'y avoir fait n'importe quoi et d'être devenue insouciente et inconsciente comme une gosse de 10 ans.
Ici, j'allais découvrir en quoi consistait sa maladie et celle de beaucoup d'autres.
Le centre m'a fait redescendre sur terre et prendre conscience que les gens avaient des problèmes qui engendraient des conséquences graves. Je crois que c'est ici que j'ai fait mes premières armes réelles. J'ai appris à faire preuve d'écoute, d'humilité et à découvrir l'empathie, même si à l'époque, je ne savais pas que ce mot existait.
J'ai aussi découvert ce que signifiait la solidarité et être frère d'arme (façon de parler).
J'ai surtout ouvert les yeux sur ce qui m'entourais. J'ai pris conscience de ce que pouvait provoquer les familles, les structures, la société... A partir de ce jour, jamais plus il n'aura été possible de me dresser. Et aujourd'hui encore, ce serait peine perdue.
Ce qui m'insupporte le plus depuis mon passage au centre ?
L'INJUSTICE et L'ABUS de pouvoir.
Publié le 26/10/2006 à 12:00 par confidenceduneasociale
Le lendemain matin, je vais prendre mon petit déjeuné à la salle à manger et ça me fait drôle d'être seul à ma table. Dans le foyer, je vois des gars qui s'amuse et se marre de leurs conneries.
Un d'entre eux m'intimide énormement, j'ai l'impression d'être une gamine à côté de lui. Il me faudra attendre son départ pour qu'on se parle avec respect mutuel. C'est dommage qu'il soit partis si tôt car je suis sur qu'on se serait bien marré. Il était fan des Wampas (c'était leur débuts) et de Ludwig Von 88.
Alors que je les regarde, un grand gaillard s'approche et me dit : "dépeche toi si tu veux pas être en retard.
- En retard où ?
- A la réunion institutionnelle.
- Ah oui, c'est vrai. J'avais complètement zappé. C'est à quelle heure ?
- 10 h 30.
- Merci.
- De rien. C'est normal. Au fait, tu sais où c'est ?
- Non, mais Dany m'a dit hier qu'il passerais me chercher dans le hall.
- Ok. A toute à l'heure."
Et il s'éloigne. Je trouve ça vraiment sympa de sa part. Les gens ont vraiment l'air cool ici. C'est encore mieux qu'un cub de vacance. Ca va vraiment être géniale ici. Tout en restant dans mes réflexions, je me dépèche de ranger ma vaisselle et d'aller me préparer.
Comme prévu, Dany passe me chercher et nous montons dans la salle de réunion qui sert aussi de salle TV le matin. Là, il y a plein de jeunes assi par terre en train de discuter. Je flippe un peu mais le groupe d'hier me fait une petite place.
J'écoute le moniteur qui prend la parole. Je ne l'avait encore jamais vu. Il a 35 ans environ, la peau mat, cheveux noirs et rasés. Il a un visage expressif et marqué. Il est plutôt mignon et ne me laisse pas indiférente.
La réunion consite à faire le point sur les ateliers, les changements désirés, les questions diverses, les services et les responsabilités.
Quand vient la question des changements d'ateliers, j'exprime mon souhait de changer car je nai pas eu le choix en arrivant (je suis à l'atelir émaux).
Ca m'énerve, je n'ai aucune patience et sa ne m'intéresse pas. Je préfèrerais aller en atelier dessin ou poterie.
Bien qu'ils aient entendu ma demande, il m'explique que la première semaine, on est dirigé sur l'atelier où il reste de la place et où est notre référant. Ma référante étant la responsable de l'atelier émaux, je resterais au minimum deux semaines sur cette atelier. Ensuite, si je souhaite changer, cela dépendera de la place qu'il reste dans les autres ateliers, de ceux qui acceptent de changer et de ce qu'en pense le responsable de l'atelier. Je n'étais pas très contente qu'on est pas accedé à ma demande mais au moins, on m'avait expliqué.
Puis, vint les questions des responsabilités. En fait, il s'agit d'accepter de se charger d'une fonction particulière dans l'institut. Il faut quatres personnes au bar, deux à l'épicerie, deux à la musique, six pour le groupe accueil....
Cette journée là, le moniteur demandais qui voulais se charger de la chaîne (musique) car il fallait une troisième personne pour remplacer Hugo qui avait des responsabilités personnelles à faire sur certains temps, laissant Joris seul. Ce qui pafois faisait qu'il n'y avait pas de musique car c'est aussi en fonction de l'envis de la personne d'être au foyer ou pas.
En fait, il s'agissait d'avoir la clé qu'on allait cherché et remettre à l'acquarium. On s'occupait de passer les disques en fonction des demandes et ainsi, on s'assurait qu'il n'y avait pas de vol, de dispute, etc...
Il s'agissait aussi de faire respecter les horraires. La musique, ce n'était que pendant les temps libres et jamais le matin.
Ce jour là, j'ai sauté sur l'occasion. On venais de me privé de ce qui comptais le plus pour moi, qui faisait partie de moi, qui était mon unnivers : la musique. Et là, c'était un moyen de la récupérée un petit peu.
Il y a eu parlementation sur ma candidature, étant juste arrivée. Les jeunes comme les moniteurs exprimaient ce qu'ils en pensait. Finalement, j'ai eu gain de cause, Hugo expliquant que je ne serait que troisième responsable, que je n'interviendrait que quand aucun d'eux ne pouvait assurer la permanance et qu'ils m'accompagnerais pour mes débuts. Il venait d'argumenter en ma faveur et de me faire un superbe cadeau. Je serait, à partir de ce jour, responsable de la chaîne, à temps plein (sauf pendant la période d'isolement).
Je suis sortie de la réunion aux anges. Les moniteurs n'étaient pas spécialement chaud de me voir intégrer une responsabilité dès mon arrivé mais bon. Si ça se trouve, ça lui sera bénéfique se sont-ils peut-être dit.
Comble du comble, je ne savait pas qui était la deuxième personne responsable. En effet, Joris n'était pas à la réunion car il était pris ailleurs.
Après le repas, je découvris que Joris n'était autre que le beau jeune homme que j'avait vu dés en arrivant. J'étais définitivement sous le charme. Mais j'allais devoir aussi faire face à une entrée en relation qui avait plutôt mal commencée... (voir le post "la rencontre").
Publié le 05/03/2007 à 12:00 par confidenceduneasociale
Je ne me souviens plus si c'était un matin ou un après-midi ni des horraires et des jours de mon groupe. Il y en avait 3 par semaine qui duraient 2 heures environs. Etaient présents 10-12 jeunes, une monitrice et un neuropsychiatre.
Lors de ce 1er groupe, je me suis présentée et j'ai expliqué un peu mon histoire (surtout pourquoi j'étais arrivée là). Je racontais cela avec un tel détachement et une telle absence d'émotion (ce qui dura encore des années plus tard) que je me demande si ils m'ont cru. Et pour toute réponse, je crois qu'une jeune a du me renvoyer que j'avais du faire quelque chose qui provoquait une telle attiude. Mon comportement n'était sans doute pas le bon...
J'allais découvrir qu'être ici, c'était apprendre à se comprendre pour modifier son comportement et ses attitudes. Tout ceci dans le but d'aller bien et de ne plus faire souffrir ceux qui nous aiment et nous entourent.
Voilà en gros ce qui est ressortis après mon discours (en tout cas dans mes souvenirs qui sont par conséquents totalements absent d'objectivité).
En gros, c'étais moi la coupable et j'avais fait quelque chose qui expliquait forcément ce qui m'arrivais. En plus, mon attitude actuelle devait faire souffrir mes parents et il fallait que je prenne conscience du mal que je leur faisais.
- Et eux, le mal qu'ils m'ont fait, ça compte pour du beurre !!! -
Puis, on est passé à quelqu'un d'autre. En fait, le groupe de psychothérapie consisite à parler de soi aux autres et que chacun puisse apporter ses ressentis, ses idées, ses conseils... à celui qui parle. Parfois, certains sujets font échos et ça permet à chacun de progresser à travers l'image que les autres nous renvoient et du soutien qui se créer entre les membres du groupes.
Bien entendu, tout ce qui se dit dans le goupe est confidenciel.
Sur la forme, je trouve le procéder très pertinant, éducatif et enrichissant. Encore aujourd'hui, je reste entièrement convaincu du bien fondé de ce type de pratique. Mais seulemnt si c'est bien fait !
Or, dans mon cas, je vous rappel que je suis avec une monitrice qui ne peut pas m'encadrer et un neuropsy qui n'est pas celui qui me suit médicalement et en psychothérapie familiale. Ce qui n'est pas normal mais comme je le disais au départ, je n'ai pas de bol et je suis donc la seule dans ce cas.
Sur le fond, ces groupes ne m'ont rien apporté de vraiment constructif. Je crois qu'ils m'ont plus détruis qu'autre chose. J'en ai retiré que personne ne me croirrais jamais; que je n'avait aucune raison de me plaindre car par rapport à d'autres, ce n'était pas si terrible; que si j'étais là, c'est que c'était moi qui avait un problème et non mon environnement et que j'irais mieux quand j'en aurais pris conscience et que je l'accepterais; mais surtout que c'était moi la grande coupable, la grande fautive et la méchante fille.
C'est peut-être pour ça que les groupes ne m'ont pas tant marqués que ça. Mais se dont je me souviens, c'est que je m'y sentais mal et que j'aurais fait n'importe quoi pour changer de groupe.
Mais ça aussi, ce n'est pas possible.
Publié le 13/03/2007 à 12:00 par confidenceduneasociale
Comme je l'expliquais au début de mon histoire, j'ai eu droit à un cocktail médicamenteux du tonerre.
Le jour de mon arrivé : Dépamide (anticonvulsivant aussi employé dans le traitement de psychoses maniaco-dépressives ou d'états agressifs), Seropram (antidépresseur), Tranxène (anxiolitique), Loxapac (neuroléptique), Imovane (somnifère).
3 jours après : Dépamide, Imovane, Orap (neurolépique), Heptamyl (utilisé pour traiter les hypotensions), Lysanxia (anxiolitique) + Tofranil par voi Intra-Musculaire(IM) 2 à 3 fois par jour (antidépresseur).
6 jours après : Même ordonnance + Tofranil en injection (2/jours) et en comprimé (1/jour). Mais surtout NETTE augmentation des dose, sachant que la majorité des médocs sont en buvable et non en comprimé. Pour certains médocs, si je cumul matin midi et soir, je suis à 150 gouttes juste pour un et il y en a trois autres à 30 ou 40 gouttes par prise.
7 jours après : Même ordonnance avec toujours Tofranil en injections + Melleril (neuoléptique aussi utilisé dans certaines maladies psychiatriques et pour combattre l'agressivité) et Anafranil (antidépresseur).
3 jour plus tard : Même ordonnance + remplacement du Tofranil par injection par du Droleptan injection IM "une demi ampoule de 1 à 4 fois/jour "si agitation")
Il faut savoir que ce dernier médicament est utilisé dans le traitement des psychoses donc médoc lourd et utilisé abusivement puisque détourné de son indication première. Car, à ce que je sache, je suis névrosée (comme tout le monde), mais pas psychotique. Et si vous regardez certaines définitions des médocs, on voit que c'est pas le seul. Mais l'avantage des médocs pour psychotique, c'est qu'ils soignent aussi l'agressivité. Ce qui je suppose, dans mon cas, justifiait l'administration.
Ce qui me fait le plus marrer aujourd'hui, c'est de lire "en cas d'agitation". Si tu bouge la patte, t'es mort !!!
2 jours plus tard : Même odonnance + Tercian en gouttes (neuroléptique et antidépresseur)
A cette date, ça fait pas encore un mois que je suis entrée au centre et je prends:
le matin : 4 comprimés, 110 gouttes
le midi : 4 comprimés, 110 gouttes
le soir : 3 comprimés, 170 gouttes
au coucher : 50 gouttes
Faites le calcul. Je suis une camé, une toxico aux médocs. Mais le pire dans mon cas (ou ma chance?), c'est que j'ai une très forte resistance aux médocs, ce qui fait qu'ils me choutent pas trop. Mais quand même !!!
Je vais garder ce traitement pendant 2 semaines. Y a du progrès !
Après, c'est la même ordonnance de base mais on change un ou deux médoc en fonction. C'est ainsi qu je prendrais également du Rohypnol (hypnotique), de l'Artane (antiparkinsonnien - si, si), de l'Atrium (utilisé pour le sevrage alcoolique - non je n'étais pas aloolique), du Xanax (antianxioltique) et du Neuleptil (neuroléptique).
La régularité entre les modif d'ordonnance va de deux jours à 3 semaine, en fonction de l'état.
Quand j'écris à quoi correspondent les médocs, je découvre en même temps que vous...
Jamais je n'avais fait cette recherche avant et la seule chose qui me choquais jusqu'à présent, c'était le nombre allucinant d'ordonnance que j'avais en si peu de temps. Quand on sait que les médocs mettent quelques jours voir quelques semaines à agir et que je changeais de traitement tous les 3 ou 5 jours ??? Bon, effectivement, avec la dose que j'avais, ptète que ça allait plus vite à agir !
Ca pose question sur le sens du traitemnt et de la prise en charge.
Mais quand je découvre que j'ai pris des médocs qui n'avaient rien à voir avec mon problème, je reste sur le c..
Certains médicaments ont été utilisé abusivement et dans une autre indication. J'ai pris des antiparkinsonnienet des servage alcoolique !!! J'avoue que là, je suis cloué !
Et en plus, je me dis que vous aller me prendre pour une malade mentale psychotique.
Pourtant, ce n'est pas le cas même si au regard du listing que je viens de dresser, c'est dure à croire.
Mais justement, c'est l'idée que se sont fait les gens de moi dans ma commune quand je suis revenue. "Oh! les pauvres parents, ils n'ont pas de chances. Leur fille est folle, c'est une malade mentale."
Et c'est aussi pour ça que j'ai jurer d'écrire un jour mon histoire pour que les gens aient l'autre son de cloche, l'autre côté du miroir et qu'enfin la vérité éclate au grand jour.
N.B. : Si j'arrive à être si précise, c'est que j'ai récupéré mes dossiers... Mais j'ai mis deux ans à les digérer et encore certains pssages sont hard à avaler. Mais tout ceci plus tard, dans la suite de mon histoire...
Publié le 18/07/2007 à 12:00 par confidenceduneasociale
Après avoir participée à ma première réunion institutionnelle et à mon premier groupe, avoir obtenu la responsabilité de la chaine hi-fi et être tombée raide dingue d'un beau mec, je peux dire que je me suis rapidement aclimatée.
Avec tous les jeunes qu'il y avait, les jeux mis à notre dispositions (billard, baby, ping-pong...), les soirées, les sorties, la piscine, les magasins le samedi... pour moi, c'était la belle vie. J'étais libre de m'amuser, d'être avec des jeunes sans être surveillée constamment (en tout cas pas de la même manière), bref: d'avoir une vie d'adolescente quoi !
Et pour moi, c'était tellement nouveau, tellement inespéré et tellement attendue depuis de longues années que ce fut la délivrance. Ces 15 premiers jours ont donc été euphoriques. J'étais pleine d'insoucience et je m'amusais comme une gamine, jouant avec le coeur des mecs (car j'avais plusieurs prétendants, mais pas celui que je voulais, évidemment), faisant des conneries qui auraient pu mal tournées car je ne me rendais pas compte de mon comportement.
J'étais comme un enfant qui découvre la liberté et qui va s'en ennivrer jusqu'à dérapper pour pouvoir comprendre que même la liberté à des limites. Mais un nouveau jouet, on ne veut pas le lacher jusqu'à ce qu'il s'abime ou qu'il se casse.
Et si je dois garder un aspect positif du centre, ce sera celui-ci. D'avoir pu, l'espace de quelques mois, avoir une vie d'ado avec des copains, des soirées, des amours, et surtout de la liberté et de l'amitié toute fragile, éphémère, suptile et illusoire (la liberté) quelles soient de par le contexte qui nous unis.
En tout cas, le centre à au moins servi à poser certaines bases de normalités adolescente en moi. Sans ça, j'aurais vraiment beaucoup de mal encore aujourd'hui et j'aurais vraiment l'impression de n'avoir jamais eu d'adolescence.
Certe, il y a mieux comme contexte pour vivre son adolescence et surtout plus normal, mais pour moi, ces souvenirs là sont aussi précieux que ceux que tout un chacun se fait avec sa bande du samedi soir. A la différence près, c'est qu'après, il ne reste personne. On ne se revoie que très rarement et très peu de temps après la sortie du centre. Notre amitié existe, nos histoires se sont liées le temps d'un bout de chemin, mais c'est aussi quelque chose de sale, de douloureux, des souvenirs insoutenable parfois et des blessures qui resteront à jamais gravées (autant au sens propre que figuré). Il reste alors un goût amer aux souvenirs, celui du manque, manque de revoir, manque de partager à nouveau, manque de rires de notre adolescence. Jamais je ne pourrais partager ces souvenirs avec qui que ce soit. Chacun a pris sa route !
Donc, un jour, le nouveau jouet s'abîme. L'euphorie retombe. Et là, je me prends toute la réalité en pleine tête. L'autre côté de cette médaille dorée et paradisiaque : je suis dans un centre psychotérapeuthique. J'y suis pas pour rien et ma souffrance me reviens en boomrang. Celle que je venais d'évaquer de façon totalement infantile et puérile depuis deux semaines me fait un pied de nez.
L'équipe, qui jusqu'ici me laissais faire pour mieux m'observer - quand on sait que eux n'avaient pas la donne de l'enfermement dans lequel je vivais, ils ont du se faire une opinion totalement justifier par le comportement que j'ai laissé à voir mais totalement fausse de par mon histoire qui expliquais aisemment mon comportement (vous me suivez!). Donc, l'équipe décide de mettre un frein à tout ça. Profitant du départ d'un de mes copains, ce qui m'attristais fortement et me remettais devant ma problématique d'abandon et de manque d'amour, une monitrice est venue discutée avec moi, m'expliquant qu'il était temps pour moi de mettre mon séjour ici à profit !!!