Hubert Félix Thiéfaine
Publié le 17/05/2006 à 12:00 par confidenceduneasociale
Cette histoire à commencer en 1995, avec "Je t'en remet au vent." Cette chanson est une révélation et je plonge peu à peu dans l'univers de l'artiste. Viendrons les textes engagés comme "Alligator 427" qui me feront réfléchir sur le monde et....
La chanson : "Mathématiques Soutéraines"
" Pauvre petite fille sans nourrice,
Arrachée du soleil.
Il pleut toujours sur ta valise,
Et t'as mal au oneilles.
Tu zones toujours entre deux durs,
Entre deux S.O.S.
Tu veux jouer ton aventure,
Mais t'en crèves au réveil....
Tu fais toujours semblant de rien,
Tu craque t'as mélanco.
De 4 à 5 heures du matin,
Au fond des caboulots.
Et tu remonte à contre coeur,
L'escalier de service.
Tu voudrais qu'y'ait des ascenseurs,
Au fond des précipices...."
Je n'en suis jamais ressortie (de l'univers de l'artiste ou du précipice? - Tiens voilà un jeu de mots qui plairait à Freud) et il m'accomagnera toute ma vie. (Le précipice ou le chanteur? - pour le premier, j'espère un jour enfin pouvoir le laisser derrière moi)
Aujourd'hui encore, je ne me lasse pas de l'écouter et de plonger dans ce monde cynique mais tellement réaliste qu'il nous dessine à chaque album.
Je crois qu'on peut dire que je suis Fan même si ce mot ne me plaît pas. Je le suis à ma manière et pour toujours à mon avis.
Publié le 02/08/2006 à 12:00 par confidenceduneasociale
Et oui !
Ce soir, je vais voir mon cher HFT en concert pour la deuxième fois de ma vie et la deuxième fois de l'année. HYAOUUUUUUU!
C'est peut-être aussi la dernière fois car je suis pas sur qu'il refasse un album ou reparte en tournée après celle-ci.
Quand je l'ai vu, il m'a dit : "Si je crève pas sur cette tournée, je sait pas si je t'iendrais encore après."
Donc, ce soir, pour mon plaisir personnel et rien que pour moi, je vais seul à son concert et je compte bien en profiter.
T'inquiète Nat, je penserais fort à toi et je te raconterais comment c'était.
" Apprend donc à tenir ta laisse,
T'es pas tout seul en manque de s'cours.
La tristesse, c'est la seul promesse,
Que la vie, tient toujours."
Extrait de
Défloration 13.
Publié le 03/08/2006 à 12:00 par confidenceduneasociale

Ca y est! Le concert est passé.
Et c'est avec bonheur que j'ai retrouvé HFT hier soir, sur scène. Il n'y avait pas bcp de monde car la ville est touristique. Mais les adèptes étaient là et se fut un régal. Après avoir fait la première moitié du concert à une dizaine de rang de la scène, face à lui, j'ai décidé d'aller devant. Si c'est la dernière fois que je le voie, ça mérite de faire l'effort. Et là, c'était grandiose pour les yeux. J'ai pu voir les jeux de scène très précisements. Mais ce n'est pas pareil pour écouter et se laisser transporter par la musique. J'étais moins à l'aise (pas de place) et y en a des gros lourdingue, ça fait peur.
Mais l'émotion que j'ai ressentis en mars ne sera jamais égalée car c'était la première fois que je le voyais et en plus je lui ai parlé. La Totale.
Hier soir, c'était différent. Mais le charme s'est opérée tout de suite. J'ai réussi à ne pas chialer la moitié du concert et j'ai réellement apprécié, n'étant pas sur le coup de l'émotion et de la surprise. Plutôt que réellement, je devrais dire différement apprécié.
Manque de chance pour moi, pas de mathématiques souterraines hier soir car en festival, il n'y a qu'1H15 de concert, programmation oblige (3artiste hier soir). Mais, ce n'est pas grave car je l'ai vécu en mars et de la façon dont je voulais qe ça se passe. Mieux vaut une fois de grand bonheur que deux fois à peu près.
Mais hier, j'ai quand même craqué (et oui!) sur une chanson que j'aime beaucoup et qui, de la façon dont il là interprété, m'a fusillée.
Les Dingues et Les Paumés.
Les dingues et les paumés jouent avec leurs manies.
Dans leurs chambres blindées, leurs fleurs sont carnivores
Et quand leurs monstres crient trop près de la sortie,
Ils accouchent des scorpions et pleurent des mandragores
Et leurs aéroports se transforment en bunkers,
À quatre heures du matin derrière un téléphone.
Quand leurs voix qui s'appellent se changent en revolvers
Et s'invitent à calter en se gueulant "come on !"
Les dingues et les paumés se cherchent sous la pluie
Et se font boire le sang de leurs visions perdues
Et dans leurs yeux-mescal masquant leur nostalgie.
Ils voient se dérouler la fin d'une inconnue.
Ils voient des rois-fantômes sur des flippers en ruine,
Crachant l'amour-folie de leurs nuits-métropoles.
Ils croient voir venir Dieu ils relisent Hölderlin
Et retombent dans leurs bras glacés de baby-doll.
Les dingues et les paumés se traînent chez les Borgia
Suivis d'un vieil écho jouant du rock 'n' roll
Puis s'enfoncent comme des rats dans leurs banlieues by night,
Essayant d'accrocher un regard à leur khôl
Et lorsque leurs tumbas jouent à guichet fermé,
Ils tournent dans un cachot avec la gueule en moins
Et sont comme les joueurs courant décapités
Ramasser leurs jetons chez les dealers du coin.
Les dingues et les paumés s'arrachent leur placenta
Et se greffent un pavé à la place du cerveau
Puis s'offrent des mygales au bout d'un bazooka
En se faisant danser jusqu'au dernier mambo.
Ce sont des loups frileux au bras d'une autre mort,
Piétinant dans la boue les dernières fleurs du mal.
Ils ont cru s'enivrer des chants de Maldoror
Et maintenant, ils s'écroulent dans leur ombre animale.
Les dingues et les paumés sacrifient Don Quichotte
Sur l'hôtel enfumé de leurs fibres nerveuses
Puis ils disent à leur reine en riant du boycott :
"La solitude n'est plus une maladie honteuse.
Reprends tes walkyries pour tes valseurs maso.
Mon cheval écorché m'appelle au fond d'un bar
Et cet ange qui me gueule : "viens chez moi, mon salaud"
M'invite à faire danser l'aiguille de mon radar.
Extrait de "Soleil cherche Futur"
J'aurais bcp à dire sur les dingues et les paumés du quotidien mais ce sera pour une autre fois.
En tout cas, ce concert m'a défoulé car j'étais seule (sans homme ni enfent) et en même temps, j'ai l'impression d'être plombée.
C'est avec un immense regret (et le mot n'est pas asez fort) que j'ai du quitter HFT hier soir. Je ne le reverrais sans doute pas pour cette tournée et c'est sans doute mieux ainsisinon, je vais devenir acro et dépendante +++.
"Télégramme 2003" était splandide etil était vraiment transporté. J'avais l'impression qu'il essayait de transmettre tout cette énergie à B. C.
Enfin, sur "Narcisse 81", il s'est déchané, il a hurlé et c'était tout simplement bon a voir, à entendre, à écouter et à sentir à l'intérieur.
Voilà! Je reviendrais plus tard sur cegrand artiste qui m'accompagne depuis 11 ans maintenant.
Publié le 28/09/2006 à 12:00 par confidenceduneasociale
J'ai découvert cette chanson dans le live de Bercy 2003.
Qui n'a jamais rêvé de faire un peu de sémantique et de jouer avec le verbe pour extirper tout ce qui nous tue à petit feu au fond de nous?
- Moi, oui!
Alors quand j'ai découvert cette chanson, je me suis dit que ça doit faire vachement de bien de pouvoir gueuler à la face des gens tous ce dont on se sent coupable.
Coupable est un bien grand mot, qui pèse lourd et qui détruit la personne qui en est porteuse à son insue.
Pour ma part, je reste encore aujourd'hui COUPABLE de ce qui c'est passé. C'est plus pratique et tellement plus confortable pour certains.
Pourtant, après un long travail, je sais au fond de moi que je ne suis que victime. Mais la graine est tellement bien semmée que, même adulte et consciente de tout ce qui c'est joué et ce joue encore, je me sent TOUS LES JOURS coupable.
Exercice de simple provocation avec 33 fois le mot coupable
" Coupable, coupable!
J'me sens coupable d'avoir assassiné mon double dans le ventre de ma mère et de l'avoir mangé.
J'me sens coupable d'avoir attenté à mon entité vitale en ayant tenté de me pendre avec mon cordon ombilical.
J'me sens coupable d'avoir offensé et souillé la lumière du jour en
essayant de me débarrasser du liquide amniotique qui recouvrait mes yeux la première fois où j'ai voulu voir où j'en étais.
J'me sens coupable d'avoir méprisé tous ces petits barbares débiles
insensibles, insipides et minables qui couraient en culottes courtes
derrière un ballon dans les cours de récréation.
Et j'me sens coupable d'avoir continué à les mépriser beaucoup plus
tard encore alors qu'ils étaient déjà devenus des banquiers, des juges, des dealers, des épiciers, des fonctionnaires, des proxénètes, des évêques ou des chimpanzés névropathes.
J'me sens coupable des lambeaux de leur âme déchirée par la honte et par les ricanements cyniques et confus de mes cellules nerveuses.
Je me sens coupable, coupable !
J'me sens coupable d'avoir été dans une vie antérieure l'une de ces
charmantes petites créatures que l'on rencontre au fond des bouteilles de mescal et d'en ressentir à tout jamais un sentiment mélancolique de paradis perdu.
J'me sens coupable d'être tombé d'un tabouret de bar dans un palace pour vieilles dames déguisées en rock-star, après avoir éclusé sept bouteilles de Dom Pé 67 dans le seul but d'obtenir des notes de frais à déduire de mes impôts.
J'me sens coupable d'avoir arrêté de picoler alors qu'il y a des
milliers d'envapés qui continuent chaque année à souffrir d'une cirrhose ou d'un cancer du foie ou des conséquences d'accidents provoqués par l'alcool.
De même que j'me sens coupable d'avoir arrêté de fumer alors qu'il y a des milliers d'embrumés qui continuent chaque année à souffrir pour les mêmes raisons à décalquer sur les poumons en suivant les pointillés.
Et j'me sens aussi coupable d'être tombé de cénobite en anachorète et d'avoir arrêté de partouzer alors qu'il y a des milliers d'obsédés qui continuent chaque année à souffrir d'un claquage de la bite, d'un durillon au clitoris, d'un anthrax max aux roubignolles, d'une overdose de chagatte folle, d'un lent pourrissement scrofuleux du scrotum et du gland, de gono, de blenno, de tréponèmes, de chancres mous, d'HIV ou de salpingite.
Je me sens coupable, coupable !
J'me sens coupable d'être né français, de parents français,
d'arrière-arrière... etc. grands-parents français, dans un pays où les indigènes pendant l'occupation allemande écrivirent un si grand nombre de lettres de dénonciation que les nazis les plus compétents et les mieux expérimentés en matière de cruauté et de crimes contre l'humanité en furent stupéfaits et même un peu jaloux.
J'me sens coupable de pouvoir affirmer qu'aujourd'hui ce genre de
pratique de délation typiquement française est toujours en usage et je prends à témoin certains policiers compatissants, certains douaniers écœurés, certains fonctionnaires de certaines administrations particulièrement troublés et choqués par ce genre de pratique.
J'me sens coupable d'imaginer la tête laborieuse de certains de mes voisins, de certains de mes proches, de certaines de mes connaissances, de certains petits vieillards crapuleux, baveux, bavards, envieux et dérisoires, appliqués à écrire consciencieusement ce genre de chef-d'œuvre de l'anonymat.
J'me sens coupable d'avoir une gueule à être dénoncé.
Je me sens coupable, coupable !
J'me sens coupable de garder mes lunettes noires de vagabond solitaire alors que la majorité de mes très chers compatriotes ont choisi de remettre leurs vieilles lunettes roses à travers lesquelles on peut voir les pitreries masturbatoires de la sociale en train de chanter c'est la turlutte finale.
J'me sens coupable de remettre de jour en jour l'idée de me retirer
chez mes Nibelungen intimes et privés, dans la partie la plus sombre de mon inconscient afin de m'y repaître de ma haine contre la race humaine et même contre certaines espèces animales particulièrement sordides, serviles et domestiques que sont les chiens, les chats, les chevaux, les chè-è-vres, les Tamagochis et les poissons rouges.
J'me sens coupable de ne pas être mort le 30 septembre 1955, un peu après 17 heures 40, au volant du spyder Porsche 550 qui percuta le coupé Ford de monsieur Donald Turnupseed.
J'me sens coupable d'avoir commencé d'arrêter de respirer alors qu'il y a quelque six milliards de joyeux fêtards crapoteux qui continuent de se battre entre-eux et de s'accrocher à leur triste petite part de néant cafardeux.
Je me sens coupable, coupable ! "
Hubert Félix Thiéfaine
Passé le coté loufoque et satirique de certains passages, beaucoup de ce qui est écrit ici, pris au second ou troisième degré est très fort.
Je n'ai pas voulu couper les passages de la chanson qui ne me correspondais pas trop, par respect pour l'auteur et pour la Culture.
Un jour, j'ai fait comme HFT, (mais à lépoque, je connaissais pas sa chanson), j'ai fait la liste de tout ce pour quoi je m'excusais.
Conclusion : la liste est très.........................longue!
Conclusion finale : Je m'excuse tout simplement de vivre...
Quand j'en suis arrivée à ce constat, je me suis dit que ma plus grande culpabilité, c'étais tout simplement d'exister.
Et le pire, c'est que c'est vraiment ça qui me ronge quand je m'engueule avec mon mec ou que tous va de travers dans ma vie. Je n'arrive pas à m'oter de la tête que le simple fait de me cotoyer fait que je pourris la vie aux gens, qu'ils sont malheureux.
COUPABLE - CULPABILITé - FAUTE - EXCUSE
Publié le 07/10/2007 à 12:00 par confidenceduneasociale

Revenir à ses premiers amours est le meilleur moyen de faire sa rentrée.
Ma fille danse et chante devant le concert de 2003 à Bercy pendant que je ressasse mes souvenirs. Et puis, j'ai envie de vous livrer toutes ces merveilleuses chansons tantôy cyniques, tantôt mélanco mais toujours mélo.
Tellement de souvenirs sont liées à chacune d'entre elles. "Je t'en remet au vent", "Mathématiques soutéraines", "Aligator 427".... ne sont qu'un échantillon de tout ce que transmet en moi cette voix si particulière et ses mélodies si impécables voir implacable !!!
Aujourd'hui, j'ai envie de vous faire partager une chanson de l'album La Tentation du Bonheur. J'ai découvert cette chanson sur le live du concert de Bercy 2003 et bien que les paroles seules ne prennent pas aux tripes commes d'autres textes, une fois la musique mise dessus, ça donne un coktail détonant, qui vient me bouger les entrailles et me donne cet aspect un peu mélanco que j'aime tant en période de déilr cynique et de déprime intime.
Mais juger par vous-même.
Méthode de Dissection du Pigeon de Zone-La-Ville
Frissons glacés dans les entrailles
A Zone-la-Ville by night
Lorsque les Laguioles signent en braille
L'échéance de ton bail
Lorsque les étoiles en fusion
Prennent ton dernier bastion
Et t'entraînent dans le tourbillon
De la danse des neutrons
Tu sais plus si c'est l'vent du Nord
Qui souffle dans ton crâne un peu fort
Ou bien si c'est l'ombre du remords
Qui fait hurler les anges à la mort
Sueurs froides, visage éclaté
Odeurs de rat mouillé
Sous les reflets désincarnés
D'un gyrophare usé
Prisonnier de l'ultime étincelle
Dans la dernière ruelle
Peu à peu t'aperçois le tunnel
Où brillent les immortels
Tu sais plus si c'est l'vent du Nord
Qui souffle dans ton crâne un peu fort
Ou bien si c'est l'ombre du remords
Qui fait hurler les anges à la mort
Et bientôt t'hallucines un zinc
Bien douillet, bien pervers
Où les s'crétaires cunnibilingues
Se font les ongles dans la bière
Où dans l'étrange pâleur du soir
Tu surfes en solitaire
Sur les margelles des abreuvoirs
Où Cendrillon lave les suaires
Fourgon sanitaire au galop
Blouses blanches dans le rétro
Adrénaline au point zéro
Et silence au stétho
Requiescat in pace vieux babe
Tombé sous mes syllabes
On peut pas tous finir en nabab
Dans l'gotha des macchabées
Mais maint'nant c'est plus l'vent du Nord
Qui souffle dans ton crâne un peu fort
Je crois que c'est l'ombre du remords
Qui fait hurler les anges à la mort
Extrait de : Le Bonheur de la Tentation - 1998
Dans la même veine que Mathématiques Soutéraine car tout aussi gloque et tellement réaliste. Envie d'hurler, de pleurer, de combattre toute cette agonie de notre planète. Mais les fous ne sont pas toujours ceux qu'on croit !!!